À PROPOS DE STIGMATA

" Philippe Bréson revendique une approche chirurgicale et manipulatrice de l’argentique.

Douze photos sélectionnées de Philippe Bréson nous offrent sa conception de l’érotisme. La femme y est à nouveau mutilée, déformée, scarifiée. Et sublimée, aussi : la beauté, chez lui, passe par la monstruosité, c'est-à-dire dans l’écart. Par rapport à une norme, bien sûr, mais aussi par rapport à la réalité du premier tirage –en opposition à la vérité du rendu, une fois l’image torturée.

On peut dire que l’acte créatif de Philippe Bréson est un prolongement de la pensée bataillenne. Là où Georges Bataille incite à la transgression des limites, le photographe s’attaque aux limites de la représentation du corps, afin d’en faire cette fameuse expérience intérieure. Une vision où le réalisme n’est plus, faisant place à une beauté modulée par une chair de questions, de paradoxe, de crainte, de plaisir ou de douleur. Mais si Philippe Bréson s’éloigne du réalisme, ce n’est pas pour autant avec la tentation idéaliste du surréalisme ; c’est au contraire pour mieux s’en rapprocher, puisque c’est bel et bien dans le réalisme de ses fantastiques atrocités qu’il trouve matière à nous bouleverser."

Hannibal Volkoff

In : " Un point d'arrêt favorable au rejaillissement : autour de Georges Bataille. " Galerie Hors-Champs Paris 2012

 
   
 

Philippe Bréson 2014-2015